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Amortissement LMNP

Amortissement non déductible en LMNP : plafond du loyer, terrain et report

Pourquoi l'amortissement en LMNP est plafonné au loyer net des charges, pourquoi le terrain n'est jamais amortissable, et comment reporter l'excédent.

12 min de lecture
·
22 juillet 2026
Amortissement non déductible en LMNP : plafond du loyer, terrain et report

Amortissement non déductible en LMNP : plafond du loyer, terrain et report

L'amortissement est le principal levier fiscal de la location meublée au régime réel. Il permet de déduire chaque année une fraction de la valeur du logement, du mobilier et des travaux, ce qui efface souvent l'impôt sur les loyers pendant de nombreuses années. Mais tout n'est pas amortissable, et l'amortissement calculé n'est pas toujours déductible en totalité. Deux règles surprennent régulièrement les bailleurs LMNP : l'amortissement déductible est plafonné au montant du loyer diminué des autres charges, et le terrain sur lequel repose l'immeuble ne s'amortit jamais. Ce guide détaille précisément ce qui n'est pas amortissable ou pas déductible, pourquoi, et comment la fraction bloquée une année n'est pas perdue mais reportée.

La réponse en 60 secondes

En LMNP au réel, l'amortissement déductible d'une année ne peut pas dépasser le montant du loyer diminué des autres charges. Il ne peut donc jamais créer ni aggraver un déficit : au mieux, il ramène le résultat à zéro. La fraction d'amortissement non déduite à cause de ce plafond n'est pas perdue, elle est reportée sans limite de durée sur les exercices suivants : c'est l'amortissement différé. Par ailleurs, le terrain n'est jamais amortissable, car il ne se déprécie pas de façon irréversible. Il faut donc ventiler le prix du bien entre la construction, amortissable, et le terrain, qui ne l'est pas.

Ce que le mot amortissement recouvre en LMNP

Amortir un bien, c'est constater comptablement sa dépréciation dans le temps et déduire cette dépréciation du résultat imposable. En location meublée au réel, le loueur amortit plusieurs composantes distinctes : le gros oeuvre et les différents composants de l'immeuble, le mobilier et les équipements, ainsi que certains travaux et frais d'acquisition lorsqu'il choisit de les immobiliser plutôt que de les déduire immédiatement. Chaque catégorie suit sa propre durée d'amortissement, ce qui permet d'étaler la déduction sur des périodes différentes.

Cette mécanique est puissante, car l'amortissement est une charge comptable qui ne correspond à aucune sortie d'argent réelle : le bailleur déduit une dépréciation sans débourser un euro cette année là. C'est ce qui permet fréquemment de ne payer aucun impôt sur les loyers pendant une longue période. Pour comprendre le calcul complet, la ventilation par composants et les durées, notre guide de l'amortissement en LMNP détaille la méthode pas à pas. Mais avant d'appliquer cet avantage, il faut identifier ce qui échappe à l'amortissement et ce qui, bien qu'amortissable, ne sera pas déductible dès cette année.

La première limite : l'amortissement plafonné au loyer diminué des charges

C'est la règle centrale, et la plus mal comprise. La déduction des amortissements en location meublée n'est pas libre : elle est plafonnée. Le mécanisme découle de l'article 39 C du code général des impôts, qui encadre l'amortissement des biens donnés en location par des personnes physiques. L'administration fiscale le formule sans ambiguïté.

BOFiPBulletin Officiel des Finances Publiques
BOI-BIC-CHAMP-40-20
Le montant de l'amortissement de l'ensemble des biens est admis en déduction du résultat imposable, au titre d'un même exercice, dans la limite du montant du loyer acquis, diminué du montant des autres charges afférentes à ces biens.

L'amortissement déductible d'une année est plafonné au loyer net des autres charges. Il ne peut donc jamais rendre le résultat négatif.

Consulter la source officielleConsulte le 2026-07-01

Concrètement, le calcul se fait dans un ordre précis. On part des loyers encaissés. On retranche d'abord les autres charges déductibles : intérêts d'emprunt, taxe foncière, primes d'assurance, charges de copropriété non récupérables, frais de gestion et de comptabilité, petites réparations. Ce qui reste après ces charges constitue le plafond dans lequel l'amortissement peut être déduit. Si les charges ont déjà absorbé la totalité des loyers, il ne reste rien : aucun amortissement n'est déductible cette année. Si un solde positif subsiste, l'amortissement vient l'absorber, mais seulement à hauteur de ce solde.

La conséquence est fondamentale : l'amortissement ne peut jamais, à lui seul, créer ou aggraver un déficit. Au mieux, il ramène le résultat imposable à zéro. C'est une différence majeure avec les charges courantes, qui, elles, peuvent rendre le résultat négatif et former un déficit reportable. Cette distinction entre charges créatrices de déficit et amortissement non créateur de déficit est au coeur de la fiscalité du meublé au réel. Pour comprendre comment se forme et se reporte ce déficit, notre guide du déficit LMNP et de son report complète utilement ce point.

L'amortissement différé : la fraction bloquée n'est jamais perdue

La bonne nouvelle, c'est que le plafonnement ne détruit rien. La fraction d'amortissement calculée mais non déduite à cause du plafond du loyer net n'est pas perdue : elle est mise en réserve et reportée sur les exercices suivants. C'est ce que l'on appelle l'amortissement différé ou l'amortissement réputé différé.

Ce report présente une caractéristique remarquable : il n'est soumis à aucune limite de durée. Contrairement au déficit LMNP, qui ne s'impute que sur les dix années suivantes, l'amortissement différé peut attendre indéfiniment. Il s'imputera dès qu'un exercice futur dégagera un bénéfice suffisant, c'est à dire dès que les loyers dépasseront à nouveau les charges et laisseront un solde disponible. Ce stock d'amortissements en attente s'accumule d'année en année et constitue une réserve qui prolonge l'effet d'effacement de l'impôt sur les loyers, bien après que les premières années déficitaires soient passées.

Cette mécanique explique pourquoi un investissement meublé au réel peut ne générer aucun impôt sur les loyers pendant une décennie ou davantage. Les premières années, ce sont les charges qui absorbent les loyers. Puis, quand le résultat courant redevient positif, c'est l'amortissement de l'année, complété par le stock d'amortissements différés accumulé, qui prend le relais pour neutraliser le bénéfice.

Amortissement plafonné et report du différé

Situation

Appartement meublé, loyers annuels 10 000 €, charges courantes 7 000 €, amortissement calculé 5 000 €

Loyers encaissés10 000 €
Charges courantes déductibles-7 000 €
Plafond disponible pour l'amortissement3 000 €
Amortissement calculé de l'année5 000 €
Amortissement effectivement déduit (plafonné)-3 000 €
Résultat imposable0 €
Amortissement différé reporté sans limite de durée2 000 €

L'amortissement est déduit à hauteur du plafond de 3 000 €, ramenant le résultat à zéro. Les 2 000 € d'amortissement non déduits sont reportés sur les exercices futurs, sans limite de durée. Montants illustratifs.

La deuxième limite : le terrain n'est jamais amortissable

Il existe une composante du prix d'achat qui échappe totalement à l'amortissement, quelle que soit la situation : le terrain. La raison est simple et tient à la nature même de l'amortissement. On n'amortit que ce qui se déprécie de manière irréversible avec le temps et l'usage. Or un terrain ne s'use pas et ne perd pas irrémédiablement de la valeur du fait de l'écoulement du temps. La doctrine administrative est explicite sur ce point.

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Les immobilisations qui ne se déprécient pas de manière irréversible, tels les terrains, ne donnent pas lieu à un amortissement. Il appartient au loueur de ventiler à l'actif de son bilan la valeur de l'immeuble amortissable de celle du terrain d'assiette.

Le terrain est exclu de l'amortissement. Seule la valeur de la construction s'amortit, ce qui impose de séparer les deux à l'actif du bilan.

Consulter la source officielleConsulte le 2026-07-01

Ce texte fixe une obligation pratique lourde de conséquences : le loueur doit ventiler, au bilan, la valeur de la construction amortissable et celle du terrain non amortissable. Autrement dit, sur le prix payé pour un bien, il faut isoler la quote-part correspondant au terrain, qui ne donnera lieu à aucune déduction, du reste, la construction, qui s'amortira. Plus la part attribuée au terrain est élevée, moins la base amortissable est importante, et donc moins l'amortissement annuel sera généreux.

Comment ventiler terrain et construction

La ventilation entre terrain et construction n'est pas un détail : elle détermine directement le montant amortissable, donc l'économie d'impôt sur toute la durée de détention. Une part de terrain surévaluée réduit inutilement l'amortissement, tandis qu'une part sous-évaluée expose à une remise en cause en cas de contrôle. Il faut donc une répartition justifiée et documentée.

Plusieurs méthodes sont admises en pratique. La première consiste à se référer à l'acte notarié, qui distingue parfois explicitement la valeur du terrain et celle du bâti. La deuxième s'appuie sur les valeurs de marché locales du foncier, en particulier lorsque des terrains comparables ont fait l'objet de transactions dans le secteur. La troisième, fréquente pour les appartements en copropriété, retient un pourcentage forfaitaire cohérent avec la nature du bien et sa localisation, la part du terrain étant généralement plus faible pour un appartement en étage que pour une maison individuelle avec jardin. L'essentiel est de retenir une clé de répartition défendable et de conserver les justificatifs qui l'appuient. La valeur retenue pour le terrain reste figée à l'actif : elle ne s'amortit pas et ne bouge pas d'un exercice à l'autre.

Une fois la construction isolée, elle est elle même décomposée en composants (gros oeuvre, toiture, installations, agencements) qui s'amortissent sur des durées différentes. Cette décomposition, ainsi que les durées usuelles retenues par composant, sont présentées dans notre tableau d'amortissement LMNP, qui sert de trame pratique pour bâtir son plan.

Un point de vigilance mérite d'être signalé pour les biens acquis avec une part de foncier importante, comme les maisons individuelles disposant d'un grand terrain. Dans ces situations, la quote-part non amortissable pèse davantage, et le loueur qui retiendrait une part de terrain trop faible s'expose à une correction en cas de vérification, l'administration reconstituant alors une base amortissable minorée. À l'inverse, surévaluer prudemment le terrain revient à se priver volontairement d'amortissement, donc d'économie d'impôt, sur toute la durée de détention. L'objectif n'est donc pas de minimiser artificiellement le terrain, mais de retenir la répartition la plus fidèle à la réalité économique du bien, puis de la documenter solidement. Cette rigueur, en apparence contraignante, protège le bailleur sur le long terme, car la ventilation initiale conditionne l'ensemble des exercices futurs et se retrouve figée dans le plan d'amortissement dès la première année d'exploitation.

Ce qui n'est pas amortissable ou pas déductible : la synthèse

Pour clarifier, il est utile de distinguer trois situations très différentes que les bailleurs confondent souvent. D'abord, ce qui n'est pas amortissable par nature : c'est le cas du terrain, exclu de manière définitive parce qu'il ne se déprécie pas. Ensuite, ce qui est amortissable mais pas déductible cette année : c'est le cas de l'amortissement calculé qui dépasse le plafond du loyer diminué des charges, et qui bascule en amortissement différé. Enfin, ce qui n'est ni amortissable ni immobilisable, mais déductible directement en charge : c'est le cas des dépenses d'entretien courant et des petites réparations, qui se déduisent immédiatement et n'ont pas vocation à être étalées.

Cette grille de lecture évite deux erreurs symétriques. La première consiste à croire qu'un amortissement calculé sera toujours intégralement déduit : le plafond du loyer net peut en bloquer une partie, qui n'est alors que différée. La seconde consiste à penser que la part du terrain finira par s'amortir un jour : elle ne s'amortira jamais, tant que le loueur détient le bien. Bien comprendre ces frontières est indispensable pour bâtir un plan d'amortissement réaliste et anticiper l'impôt réel des années futures.

Amortissement, revente et sortie du dispositif

Un point mérite l'attention lors de la revente. En LMNP relevant du régime des plus-values des particuliers, les amortissements déduits pendant la détention ne viennent pas, à la différence des règles applicables aux professionnels, minorer le prix de revient retenu pour le calcul de la plus-value privée. La question de la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value a fait l'objet d'évolutions législatives récentes qu'il convient de vérifier au moment précis de la cession : c'est un sujet à traiter avec le régime de plus-value applicable à votre situation, et non au stade de l'amortissement annuel.

Ce qu'il faut retenir à ce stade, c'est que le terrain non amortissable et l'amortissement différé ne se comportent pas de la même façon dans le temps. Le terrain reste une valeur figée à l'actif jusqu'à la cession. Le stock d'amortissements différés, lui, continue de s'imputer tant que l'activité meublée dégage des bénéfices, et il s'éteint lorsque l'activité cesse ou change de nature. Anticiper ces mécaniques permet de ne pas être surpris lors de la sortie du dispositif.

FAQ : amortissement non déductible en LMNP

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Rédigé par Folly Germain AMOUZOUVI-DOVO

Juriste fiscaliste

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