Vous venez d'acheter un bien pour le louer meublé, ou vous transformez une location nue en meublé : avant même votre première déclaration de revenus, une formalité est obligatoire, l'immatriculation. Elle vous donne un numéro SIRET, indispensable pour déclarer vos loyers au régime des bénéfices industriels et commerciaux. Bonne nouvelle : c'est gratuit et cela se fait en ligne. Voici, étape par étape, comment réaliser son immatriculation LMNP sans erreur.
Réponse en 60 secondes
Étape 1 : vérifier que vous relevez bien de la location meublée
Avant toute chose, assurez-vous que votre activité est bien une location meublée au sens fiscal. Un logement est considéré comme meublé lorsqu'il comporte les meubles indispensables à une occupation normale par le locataire. Ce point est déterminant, car la location meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux, alors que la location nue relève des revenus fonciers, avec des obligations différentes.
La location d'un local d'habitation garni de meubles est regardée comme une location meublée lorsque les meubles loués avec le local sont suffisants pour donner à ce dernier un minimum d'habitabilité.
Si vous fournissez, en plus de l'hébergement, plusieurs services de nature hôtelière (petit déjeuner, nettoyage régulier, fourniture de linge, réception de la clientèle), vous pourriez relever de la para-hôtellerie, un régime distinct. Pour la définition complète du statut, voyez notre guide du loueur meublé non professionnel.
Étape 2 : réunir les informations nécessaires
La déclaration en ligne demande quelques éléments à préparer à l'avance pour aller vite. Vous aurez besoin de votre état civil et de votre adresse personnelle, de l'adresse du bien loué en meublé, de la date de début de l'activité (en pratique, la date de mise en location ou d'acquisition du bien destiné à la location), et de l'option éventuelle pour un régime d'imposition.
Rassemblez aussi une pièce d'identité. Si vous détenez plusieurs biens meublés, une seule immatriculation en tant que loueur suffit : vos différents biens sont rattachés à la même activité.
Étape 3 : déclarer le début d'activité sur le guichet unique
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création d'activité passent par le guichet unique électronique des formalités des entreprises, opéré par l'INPI. L'ancien formulaire papier P0i n'existe plus. Vous créez un compte, puis vous remplissez une formalité de début d'activité en tant que loueur en meublé, personne physique.
La déclaration doit en principe intervenir dans les quinze jours suivant le début de la location. Ne tardez pas : ce délai conditionne le rattachement correct de votre activité et la bonne prise en compte de votre première année.
Le piège du délai et de l'oubli
Étape 4 : recevoir et conserver votre SIRET
Après traitement de votre formalité, l'INSEE vous attribue un numéro SIRET propre à votre activité de loueur en meublé. Vous le recevez généralement sous quelques jours. Conservez-le précieusement : il vous sera demandé pour votre déclaration de résultats, pour la cotisation foncière des entreprises, et pour toute correspondance avec l'administration.
Ce numéro identifie votre activité, pas seulement le logement. Si vous ajoutez un bien meublé par la suite, vous n'obtenez pas un nouveau SIRET de loueur : vous mettez à jour votre activité existante. En cas d'indivision ou de détention à plusieurs, chaque indivisaire déclare en principe sa quote-part, et les modalités d'immatriculation peuvent différer : vérifiez votre situation avant de valider la formalité, car une erreur de titulaire est fastidieuse à corriger ensuite.
Étape 5 : choisir votre régime d'imposition
Une fois immatriculé, vous relevez par défaut du régime micro-BIC si vos recettes ne dépassent pas le seuil applicable. Ce régime applique un abattement forfaitaire représentatif de charges sur vos loyers. Vous pouvez aussi opter pour le régime réel, qui permet de déduire vos charges réelles et d'amortir le bien et le mobilier.
Pour les locations meublées autres que les meublés de tourisme et chambres d'hôtes remplissant les critères exposés au présent I-B, notamment de classement quand il en existe un, le seuil de chiffre d'affaires est le seuil mentionné au 2° du 1 de l'article 50-0 du CGI. L'abattement forfaitaire représentatif des charges est, dans ce cas, de 50 %.
En pratique, le micro-BIC séduit par sa simplicité : aucune comptabilité détaillée, un abattement appliqué automatiquement. Mais il devient vite pénalisant dès que vos charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux, taxe foncière, assurance, frais de gestion) et surtout l'amortissement du bien dépassent l'abattement forfaitaire. Le réel demande une comptabilité, souvent tenue via un logiciel ou un expert, mais il peut réduire fortement, voire annuler, votre résultat imposable pendant plusieurs années. La bonne décision dépend donc du montant de vos charges et de votre capacité à amortir, pas d'une règle universelle.
Le choix du régime se matérialise au moment de l'immatriculation ou par une option ultérieure. Il est structurant : le réel est souvent plus avantageux dès que vous avez des charges et un amortissement significatifs. Pour comparer votre situation, appuyez-vous sur notre guide des conditions du statut LMNP et sur les étapes de la déclaration LMNP.
Étape 6 : anticiper la cotisation foncière des entreprises
L'immatriculation déclenche votre entrée dans le champ de la cotisation foncière des entreprises. L'année de création, vous devez déposer une déclaration initiale ; la cotisation n'est généralement due qu'à partir de l'année suivante. Ne l'oubliez pas dans votre budget de démarrage : notre article sur la déclaration CFE en LMNP détaille le formulaire et les échéances.
Questions fréquentes (FAQ)
Avec Locaeo, cadrez votre statut LMNP, suivez vos loyers et vos charges, puis générez votre déclaration au réel sans ressaisie. Le suivi locatif et la fiscalité de votre meublé, reliés dès le premier jour.



